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Le Savoir-faire, toute une chaîne de métiers


-  Les producteurs et filateurs de laine
L’apport de la matière première. La tapisserie d’Aubusson est née de l’habileté des artisans à transformer la riche toison des moutons en un fil de laine résistant. Ces laines sont huilées et lavées dans la Creuse, avant d’être cardées, filées et retordues. Il faut près de trois jours et sept opérations pour transformer un kilogramme de laine en un fil double d’une longueur d’un kilomètre.

-  L’artiste ou le peintre cartonnier
La naissance du modèle sous forme de maquette et carton.
La création du motif de la tapisserie est le plus souvent dévolue à un peintre, mais elle peut tout aussi bien être l’œuvre d’un sculpteur, d’un graphiste, d’un designer... Le carton présente le modèle en version inversée, dans le format final de l’œuvre.

-  Le peintre cartonnier et le maître lissier
Le créateur et le maître lissier déterminent la structure de la tapisserie : choix des coloris et des matières, grosseur et espacement des fils de chaîne sont autant d’éléments qui personnaliseront l’œuvre à travers sa finesse ou ses reliefs.

-  Le teinturier
Donner vie aux laines par l’échantillonnage et la teinture.
Les couleurs sont créées par le teinturier. Les laines sont immergées pendant plus de trois heures dans un bain à 95°C. On obtient la couleur désirée par un apport successif des couleurs primaires. Ce travail artisanal permet de contrôler leur fixation progressive.

-  Le lissier
Maître d’une technique forgée par l’agilité des doigts, le sens de l’observation, la maîtrise de la décision.
En suivant le modèle du carton, la tapisserie d’Aubusson est le résultat de l’entrecroisement de la chaîne et de la trame. La chaîne est une nappe de fils de coton fortement tendue, la trame est composée généralement de fils de laine ou de soie enroulés autour de flûtes. Ces flûtes sont passées entre les fils de la chaîne, séparés en fils pairs et impairs.
En fin de tissage, la tradition aubussonnaise consacre en événement la phase de découverte réelle de l’œuvre tissée, la “tombée de métier” (rupture des fils de chaîne).

Tapisserie d’Aubusson et authenticité

A ce stade de finition, on peut voir sur l’endroit la signature de l’artiste et la marque de l’atelier, et sur l’envers le numéro de l’exemplaire (numérotation exigée pour les tapisseries produites à partir du 1er janvier 1968). En plus de ces éléments tissés, la tapisserie est munie d’un bolduc (certificat) cousu au dos, revêtu du nom de l’atelier, de celui de l’auteur du carton et de sa signature, de la date d’exécution de la tapisserie, ainsi que de son format, de son titre et de son numéro de tissage.

-  La restauration
Entretien et réparation des textiles.
Le métier de restaurateur-conservateur est une spécialité à part entière, au carrefour du savoir faire et de la connaissance scientifique.
La restauration : procédé de travail qui rétablit l’œuvre dans son aspect d’origine. La conservation : ensemble d’opérations destinées à la préservation de l’œuvre en l’état. Il existe actuellement à Aubusson plusieurs ateliers entièrement voués à la restauration-conservation de tapisseries.

-  Les autres productions, les nouveaux métiers

  • Tapis dit de savonnerie : Fabriqué depuis 1743 à Aubusson, il tient son nom de son premier lieu de production, un ancien atelier de savons à Paris. Il est exécuté sur un métier vertical de haute lisse. Les fils de trame en laine sont noués sur la chaîne, puis coupés en leur extrémité pour former un velours.
  • Tapis mécanique au point noué : Cette technique date du XIXème siècle sur machine. Les brins de laine sont noués mécaniquement sur la chaîne.
  • Tapis tufté : Il s’exécute sur une toile servant de canevas sur laquelle est dessiné le motif de l’artiste. La laine est implantée brin par brin par un pistolet actionné à la main. Une fois le motif réalisé, la chaîne est fixée sur l’envers par une couche de latex, puis rasée et ciselée sur l’endroit.
  • Tapisserie à l’aiguille à réaliser soi-même : Appelée familièrement broderie sur canevas. Le fil est passé à l’aiguille, sur un tissu préimprimé. Les motifs anciens ou contemporains sont pour certains peints à la main dans les ateliers d’Aubusson et pour d’autres imprimés ailleurs.




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La tapisserie d’Aubusson , inscrite au Patrimoine Mondial de L’UNESCO



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